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La chronique provençale

Illustration


Exceptionnellement, notre article sera en français et vous permettra de voir s’il vous reste, dans votre langage de tous les jours, quelques traces de la vieille langue provençale.

En parlant d’un enfant, vous dites :
    1- il fait nono    OU    2- il fait dodo
    1- il s’est fait momo    OU    2- il s’est fait bobo
    1- il a de belles ratounes    OU    2- il a de belles quenottes

Chez vous, vous dites :
    1- la pile    OU    2- l’évier
    1- les mallons    OU    2- les carreaux

Vos amis, à midi, vous les invitez :
    1- à dîner    OU    2- à déjeuner

Pour manger :
    1- du baudroie    OU    2- de la baudroie

Et peut-être :
    1- de l’entrée    OU    2- de la financière

Votre cave est :
    1- cafie de gàrri    OU    2- pleine de rats

Pour les tuer, vous ne comptez pas sur :
    1- votre ensuqué de chat    OU    2- votre endormi de chat

Si vous avez plus de 1, vous baignez toujours dans une authentique «Provençalitude».

Sinon, vous n’êtes pas originaire de la région, ce qui est bien entendu excusable, ou alors vous avez oublié la langue de vos ancêtres, ce qui l’est moins.


Chronique d'avril/mai :

L’annado "sènso estiéu"
En alucant lis amelié tout blanc de flour pèr moun fenestroun, ai coumença à pensa au printèms que devrié pas tarda à mourreja. E moun esperit vagabound es ana se pausa sur l’annado 1816 qu’es restado dins l’Istòri coume l’annado «sènso estiéu». Eh o, tout acò pèr la fauto dóu voulcan indounesian Tambora que s’èro reviha un an avans, en abriéu 1815. Aquelo desboundado faguè 70 000 mort à l’entour dóu voulcan, entrinè de tsunami e li póusso que voulèron jusqu’à la stratousfèro fourmèron uno estamino sus li raioun dóu soulèu e dóu meme cop faguèron beissa li temperaduro dins lou mounde entié. En Franço tambèn, se conto que se veguè la nèu e la glaço en plen mes d’avoust ! Sènso parla di plueio e dis inoundacioun. Aquesto annado d’aqui, li recordo fuguèron mai que marrido, li pres flambèron e ço que devié arriba, arribè : uno grando carestié, de segur encò de nautre en Franço, mai tambèn dins sus touto la terro. Ah, quand la naturo se descadeno, poudèn pas faire grand causo... Rèsto plus qu’à espera lou printèms e après éu, un bèl estiéu.


Traduction :

L’année "sans été"

En regardant les amandiers tout blancs de fleurs par mon fénestron, j’ai commencé à penser au printemps qui ne devrait pas tarder à montrer le bout de son nez. Et mon esprit vagabond est allé se poser sur l’année 1816 qui est restée dans l’Histoire comme l’année «sans été». Eh oui, tout cela par la faute du volcan indonésien Tambora qui s’était réveillé un an avant, en avril 1815. Cette éruption fit 70 000 morts autour du volcan, entraîna des tsunamis et les poussières qui s’envolèrent jusqu’à la stratosphère formèrent un filtre sur les rayons du soleil et du même coup, firent baisser les températures dans le monde entier. En France aussi, on raconte qu’on vit de la neige et de la glace en plein mois d’août ! Sans parler des pluies et des inondations. Cette année-là, les récoltes furent plus que mauvaises, les prix flambèrent et ce qui devait arriver arriva : une grande famine, bien sûr chez nous en France, mais aussi sur toute la terre. Ah, quand la nature se déchaîne, nous ne pouvons pas faire grand-chose… Il ne reste plus qu’à espérer le printemps et après lui, un bel été.


Chronique mensuelle

Ces textes en langue provençale sont proposés par l’association pennoise Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo.
L'objectif de cette chronique est de faire ni passéisme ni folklore, mais de parler dans la langue locale -le provençal- de tous les sujets. Le provençal, seule langue régionale à avoir obtenu, sous sa forme littéraire, un prix Nobel, a aussi des particularités dialectales. C’est pour cette raison que les textes sont écrits tantôt en langue littéraire, tantôt dans le provençal parlé dans la région de Marseille et des Pennes-Mirabeau.

L'Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo
Renseignements : 04 91 09 08 74

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