| L’histoire au coin des rues
L’idéal est de partir de l’incontournable montée
89, anciennement “chemin de Ronde” puis “rue de la Poste à l’ancienne
mairie”. En fait, c’est au cours de la séance du conseil
municipal du 5 août 1900 présidée par le maire Jean Léonce,
qu’a été votée la nomination de certaines voies
et places. Ainsi est née la rue 1789 qui allait devenir, ensuite, la
montée 89. En haut de cette montée, on arrive au passage sous
les arcades, qui était un accès au château, sur la porte
est, où l’on peut encore voir des traces d’armoiries.
Certes, la Révolution passant, elles ont été martelées,
mais elles subsistent.
Ces armes sont celles de seigneurs, à savoir la famille de Vento,
marquis des Pennes, désignant les origines phéniciennes
de cette famille. La place de la mairie, sur laquelle on débouche
en sortant des arcades, est également chargée d’histoire,
avec comme principal acteur, toujours la famille de Vento. En effet,
en devenant propriétaire des terres, place et seigneurie des
Pennes en 1552, Charles de Vento, va faire élever sur l’emplacement
du château fort primitif, le bâtiment que l’on peut
voir actuellement, qui au cours de l’histoire et de ses propriétaires
successifs a connu de nombreuses modifications. Aujourd’hui, il
reste quelques pièces en sous-sol, la galerie à arcades
voûtées sur laquelle donnaient les prisons, actuellement
utilisées en bureaux dont un partagé par l’Association
du patrimoine.
Durant la Révolution, le château fut pillé et la
famille de Vento s’exila à l’étranger. Après
la Révolution, elle sera de retour et leurs terres redonnées.
Le château sera vendu et plusieurs propriétaires se succéderont
jusqu’en 1867 quand le conseil municipal décide de l’acheter
pour y installer le siège de la mairie et une école communale.
Au début du XXème siècle, avec la séparation
de l’Eglise et de l’Etat, l’école occupe le
rez-de-chaussée du bâtiment, le reste étant utilisé pour
les besoins des services administratifs. Cette école fonctionnera
jusqu'à la construction du groupe scolaire Castel Hélène.
Pour continuer cette promenade “historico-sympathique”,
il convient alors de descendre la typique rue Raspail avec ses habitations
en escaliers agrémentées de plantations diverses, pour
rejoindre l’entrée ouest du village, à savoir l’angle
de la rue du Portail et de la rue du Souvenir. On se situe alors sur
la partie la plus ancienne du village, où, à chaque pointe
autour des châteaux des seigneurs de Vento et de Barras, se pressaient
de vieilles demeures. La rue Raspail, jadis rue de Costefrège,
n’était primitivement qu’un chemin de ronde fermé à chacune
de ses extrémités par un portail fortifié. On devine
encore des vestiges.
Puis, en levant la tête, vous verrez se dresser l’antique
demeure de la famille de Barras qui daterait de 1388. Ils l’occupèrent
jusque vers la Révolution. C’est aujourd’hui une maison
modifiée en deux appartements habités par des particuliers.
A l’intérieur, elle renferme un bel escalier, des salles
voûtées et sur sa façade, on peut remarquer une fenêtre à meneaux
partiellement murée. Enfin, sur l’ancienne place du Portail,
modifiée par la construction du parking, vous pourrez trouver
les vestiges d’une fontaine.
Sur le chemin du retour
Il est temps, désormais, de rejoindre la place Saint-Joseph, via la
rue du Souvenir. Une rue qui porte ce nom grâce à Léon
Depeyres. En effet, en 1930, celui-ci demande au conseil municipal de dénommer
la rue qui conduit à la “Lanterne du souvenir”, rue du
Souvenir. En échange, il s’engage à faire apposer, à ses frais,
les plaques nécessaires. Sa demande sera satisfaite.
Pour atteindre la place Saint-Joseph, rénovée dans les
années 1990, il faut quitter la rue du Souvenir et prendre les
escaliers sur votre droite. Cette très jolie place est un passage
obligé dans le village car elle est au carrefour de plusieurs
rues. Il n’existe aucune trace historique de l’origine de
son nom, mais la présence dans une niche, sur la façade
d’une maison particulière, d’une petite statue de
Saint-Joseph avec une date inscrite au-dessous (1702) en est sûrement
la raison. A noter que dans le village, il s’agit de l’unique
place qui porte le nom d’un saint. Quant aux rues, seule demeure la carrerade Saint-Roch. Sur cette place
Saint-Joseph, on trouve une des trois fontaines du village en état
de fonctionnement. Les deux autres sont celle de la place de l’Abbé de
la Rivière et, évidemment, celle des quatre canons, place
Léon Depeyres. Sur le chemin du retour, il faut emprunter la rue
Diderot (anciennement rue Basse).
A proximité de l’église se situaient la maison des
prêtres, le presbytère et la salle du patronage. Cette salle,
inaugurée en 1929, verra passer beaucoup de Pennois pour des arbres
de Noël, des séances de cinéma et diverses manifestations.
Elle est connue sous le nom de salle Jeanne d’Arc. Le presbytère
servait, quant à lui, de salle pour le catéchisme et
abritait une bibliothèque. La plupart de ces lieux sont devenus aujourd’hui
des maisons habitées par des particuliers.
Avant d’arriver à la place Aulanier, on débouche
sur la rue de la République. Pendant des siècles, elle
a été l’axe routier le plus important de la commune,
le trafic Nord/Sud se faisait par cette voie. On la dénommait “route
d’Avignon” et elle était cadastrée sous le
nom “Grande rue”. C’est par cette voie qu’en
octobre 1362, Guillaume de Grimoard, abbé de Saint-Victor alla
en Avignon se faire sacrer pape (Urbain V). Mais, au début du
XXème siècle, l’augmentation de la circulation
rendit nécessaire le percement dans la roche du tunnel routier
actuel et cette Grande rue devint donc la rue de la République.

Quant à la place Aulanier, pour comprendre son origine, il faut
remonter à la séance du conseil municipal du 23 juillet
1951 quand il fut décidé d’inaugurer des plaques
de rues et places portant de nouvelles dénominations. Cette
décision
a, notamment, été prise pour honorer la mémoire
de deux enfants du pays tombés en héros de la résistance,
les jeunes maquisards Marcel Liotard et Raymond Aulanier. Ce dernier
fut fusillé par les Allemands le 13 avril 1944 au maquis de
Thônes
(Haute-Savoie). La plaque commémorative est posée sur la
maison où il vécut. On peut aussi remarquer sur la façade,
au-dessus de la porte, une pierre sculptée portant un cœur
surmonté d’une croix dont les extrémités forment
une fleur de lys avec millésime 1625. Elle aurait été jadis
le presbytère.
Avant de rejoindre la place de l’Abbé de la Rivière,
il est intéressant de faire un détour pour s’arrêter
devant le n°5 de la rue de la République où se situait
la maison des intendants. Quant à la place de l’Abbé de
la Rivière, elle porte ce nom en hommage à ce grand homme
patient, tenace, modeste, tolérant, très apprécié dans
le village. La promenade touche alors à son terme, mais pour la
convertir en un bouquet final rafraîchissant, un dernier arrêt
devant la fontaine des quatre canons s’impose.
Cette fontaine est un symbole des Pennes-Mirabeau, car
faut-il le rappeler, jusqu’en 1762 les Pennois n’avaient
que l’eau de pluie
ou quelques puits pour s’alimenter. C’est le marquis Louis-Nicolas
de Vento qui amena l’eau à la fontaine des quatre canons
en faisant creuser une galerie jusqu'à la source Marthe. Il
s’agissait,
pour l’époque, de travaux gigantesques réalisés,
sur 800 mètres
environ, en partie à ciel ouvert, puis couverts
d’une voûte de pierre en plein cintre avec, à intervalles
réguliers, des regards. Enfin, il y a la dernière partie
en plein rocher pour passer sous les remparts et arriver à la
fontaine. Grâce à cette initiative, les habitants des
Pennes purent venir s’alimenter à cette fontaine dont
le débit
important permettait aussi de laver le linge et d’arroser quelques
jardins. Mais, ce n’est qu’en 1922 que la commune obtiendra
par donation, la jouissance de cette eau.
Cette canalisation et cette eau furent données à la ville
des Pennes-Mirabeau par Léon Depeyres. Des travaux permirent alors
d’amener l’eau par élévation jusqu'à un
bassin d’alimentation situé sur le point le plus élevé du
village. En dix ans, les travaux de canalisations d’eau dans les
rues seront terminés et tous les Pennois auront, enfin, l’eau
courante et les fontaines du chef-lieu seront alimentées. Happy
end d’une très belle histoire d’eau.
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