Les Pennes-Mirabeau : une ville au pluriel

La chronique provençale

Illustration

 

 

Sus li camin prouvençau

Dins aquéli tèms d’encié e d’aveni gaire segur, d’interdicioun de touto meno emé la barraduro de tóuti lis endré que rendien nòsti vido agradivo dins lou «mounde d’avans», nàutri bràvi gèns de Franço, coumencerian à prendre de nouvèllis abitudo coume aquéli de cousina mai e miés e d’ana cerca sus li camin de Prouvènço un pau de liberta e un biais d’óublida tout acò.

Me demande meme se li Prouvençau an pas descubert aquesto annado l’eisistènço di calanco o de la Santo-Ventùri ! Mai basto emé li galejado, vous doune aqui-dessouto quàuquis idèio de barrulado gaire liuen di Peno.
A-n-uno miecho-ouro de veituro d’aquito, avès la muraio dis abiho e lou camin di bòri à Cournihoun. Un pau mai liuen dins lis Aupiho, li Caisso de Jan-Jan à Mouriès vous menaran au mitan dis óulivié ; i Baus poudrés faire uno bello blouco en partènt di cresto de Baumeyrane en passant pèr lou Vau d’Infèr e la plano au mitan di vigno. A Sant-Roumié, aquelo que m’agrado lou mai, lou roucas di dous trau, lou Mount Gaussié e lou la dóu Peiròu pèr lis escalo (pèr aquéli qu’an pas lou vertige !).

A vòsti bastoun e zóu !

Valérie Payan (Escolo Espenenco de Lengo Prouvençalo)

 

Traduction :

Sur les chemins provençaux

En ces temps d’angoisse et d’avenir incertain, d’interdictions en tous genres avec la fermeture de tous les lieux qui rendaient nos vies agréables dans le «monde d’avant», nous, brave peuple de France, avons commencé à prendre de nouvelles habitudes comme celles de cuisiner plus et mieux et d’aller chercher sur les chemin de Provence un peu de liberté et un moyen d’oublier un peu tout ça.

Je me demande même si les Provençaux n’ont pas découvert cette année l’existence des calanques et de la Sainte-Victoire ! Mais assez de bêtises, je vous donne ci-dessous quelques idées de promenades pas très loin des Pennes.
A une demi-heure de voiture d’ici, vous avez le mur des abeilles et le chemin des Bories à Cornillon-Confoux. Un peu plus loin dans les Alpilles, les Caisses de Jean-Jean à Mouriès vous mèneront au milieu des oliviers ; aux Baux vous pourrez faire une belle boucle en partant des crêtes de Baumeyrane en passant par le Val d’Enfer et la plaine au milieu des vignes. A Saint-Rémy, celle qui me plaît le plus, le rocher aux deux trous, le mont Gaussier et le lac du Peiròu par les échelles (pour ceux qui n’ont pas le vertige !).

A vos bâtons et zou !

 


Chronique de février
(pas de chronique en mars, ni avril)

Lou retour de la nèu

Vaqui bèn-lèu uno annado que nòsti vido cabussèron dins aquelo chaucho-vièio de Courounavirus. Lou brave pople es au bèu mitan d’uno economìo messo à mau pèr li barraduro di bar e restaurat, lou ritme aro bèn famihau di counfinamen e descounfinamen e belèu l’espèr d’un vacin. Mai aqueste dimenche matin, la Prouvènço s’es revihado touto blanco, coume lavado de tóuti si malur. Despièi d’annado de tèms, avian pas vist tant de nèu ! Ô, uno nèu bèn moudèsto, mai talamen raro sus nòsti ribeirés qu’à chasque cop, aquéu pichot avenimen nous sort de l’ourdinàri e nous fai óublida un pau lou rèsto. A-n-aquesto ouro, sabe pas quant de tèms aquelo bello nèu countuniara de toumba mai voudriéu palafica pèr l’eternita la vesioun blanco e pasiblo di colo, di jardin e di téulisso. Aquesto annado, li parpaiolo lóugiero e viróutejanto sèmblon i counfèti d’un revihoun de 31 de desèmbre que lou virus nous raubè.

Valérie Payan (Escolo Espenenco de Lengo Prouvençalo)

 

Traduction :

Le retour de la neige

Cela fait bientôt une année que nos vies ont plongé dans ce cauchemar de Coronavirus. Le brave peuple est au beau milieu d’une économie mise à mal par les fermetures des bars et restaurants, le rythme maintenant familier des confinements et déconfinements et peut-être l’espoir d’un vaccin. Mais ce dimanche matin, la Provence s’est réveillée toute blanche, comme lavée de tous ses malheurs. Depuis des années, nous n’avons pas vu tant de neige ! Oh, une neige bien modeste, mais tellement rare sur nos rivages qu’à chaque fois, ce petit évènement nous sort de l’ordinaire et nous fait oublier un peu le reste. A cette heure-ci, je ne sais pas combien de temps cette belle neige continuera à tomber mais je voudrais figer pour l’éternité la vision blanche et paisible des collines, des jardins et des toits. Cette année, les flocons légers et tourbillonnants ressemblent aux confettis d’un réveillon du 31 décembre que le virus nous a volé.

 

CHRONIQUE MENSUELLE

Ces textes en langue provençale sont proposés par l’association pennoise Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo.
L'objectif de cette chronique est de faire ni passéisme ni folklore, mais de parler dans la langue locale -le provençal- de tous les sujets. Le provençal, seule langue régionale à avoir obtenu, sous sa forme littéraire, un prix Nobel, a aussi des particularités dialectales. C’est pour cette raison que les textes sont écrits tantôt en langue littéraire, tantôt dans le provençal parlé dans la région de Marseille et des Pennes-Mirabeau.

L'Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo
Renseignements : 04 91 09 08 74

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