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Patrimoine

Chronique provençale

Chronique de septembre

Nòstis "amigo" li bèsti

Quau se souvèn de Zarafa, la proumiero giraflo à-nagué pausa sa bato sus lou sòu francés au siècle dès-e-nouvèn ?

L’epoupèio de Zarafa coumencè en 1824 quouro elo e soun fraire se retroubèron ourfanèu, sa maire tuado pèr dous sóudat egician. Lou Pacha d’Egito óufriguè lou fraire au conse d’Anglo-terro e la femello au Rèi de Franço, Charle X.

Nosto giraflo arribè dounc pèr batèu à Marsiho en ivèr 1826. Urousamen, coume èro touto jouineto, vouiajavo e restavo emé de chivau e de vaco que la rescaufavon e ié dounavon de la pèr la nourri. En 1827, Zarafa partiguè de Marsiho d’à-pèd emé soun trin pèr rejougne Paris ounte arribè lou 9 de juliet.

Au long dóu camin, li gènt di vilo e di campagno venien la vèire passa en l’aculissènt coume uno vedeto.

Zarafa restara touto sa vido cativo au Jardin di Planto ounte mouriguè en 1845, à 21 an. Soun astrado fai crudelamen pensa à-n-aquelo de Laïka, la jouino chino russo mandado e abandounado dins l’espàci en 1957… L’uno coume l’autro aguèron uno bèn tristo vido, esplechado pèr lis uman.

Pecaire, fuguè un tèms, pas tant liuenchen que la causo animalo èro pas un sujèt. Li tèms càmbion de fes que i’a pèr lou mieour.

Valérie Payan - Escolo Espenenco de Lengo Prouvençalo

Traduction

Nos "amies" les bêtes

Qui se souvient de Zarafa, la première girafe à avoir posé son sabot en France au dix-neuvième siècle ?

L’épopée de Zarafa commença en 1824 lorsqu’elle et son frère se retrouvèrent orphelins, leur mère tuée par deux soldats égyptiens. Le Pacha d’Égypte offrit le frère au Consul d’Angleterre et la femelle au Roi de France, Charles X.

Notre girafe arriva donc par bateau à Marseille en hiver 1826. Heureusement, comme elle était toute jeune, elle voyageait et séjournait avec des chevaux et des vaches qui la réchauffaient et lui donnaient du lait pour la nourrir. En 1827, Zarafa partit de Marseille à pied avec son convoi pour rejoindre Paris où elle arriva le 9 juillet.

Tout au long du chemin, les gens des villes et des campagnes venaient la voir passer en l’accueillant comme une vedette.

Zarafa restera toute sa vie captive au Jardin des Plantes où elle mourut en 1845 à l’age de 21 ans. Son sort fait cruellement penser à celui de Laïka, la jeune chienne russe envoyée et abandonnée dans l’espace en 1957… L’une comme l’autre eurent une bien triste vie, exploitées par les humains.

Hélas, il fut un temps, pas si lointain où la cause animale n’était pas un sujet. Les temps changent parfois pour le meilleur.

 


Chronique de juillet

La soupo courto

Vaqui un plat un pau óublida dei Marsihés mai que pourra toujour vous regala.

Prenès de cousteleto de la rougnounado, fès-lèi reveni dins l’òli e un còup bèn cuecho, salas-lèi e retiras-lèi de la pignato mounte metrés de cebo e de poumo d’amour chaplado que farés bèn daura. Acò fa, metès dins vouestro pignato bèn d’aigo pèr faire couina de pasto, de «siblet» o de «macaroni» pèr eisèmple, qu’óublidarés pas de sala e de pebra. Un còup lei pasto cuecho, remetès lei cousteleto dins vouestro eisino e servès tout eiçò emé de froumàgi raspa.

D’après « Vieilles recettes de cuisine provençale » de C. Chanot-Bullier.

Bernard Remuzat (Escolo Espenenco de Lengo Prouvençalo)

Traduction

La soupe courte

Voici un plat un peu oublié des Marseillais mais qui pourra de nouveau vous régaler.

Prenez des côtelettes dans la rognonnade, faites-les revenir dans l’huile et une fois bien cuites, salez-les et retirez-les de la marmite où vous mettrez des oignons et des tomates taillés que vous ferez bien dorer. Ceci fait, mettez dans votre marmite beaucoup d’eau pour faire cuire des pâtes, des «sifflets» ou des «macaroni» par exemple, que vous n’oublierez pas de saler et de poivrer. Une fois les pâtes cuites, remettez les côtelettes dans votre ustensile et servez tout cela avec du fromage râpé.

 

Chronique mensuelle

Ces textes en langue provençale sont proposés par l’association pennoise Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo.
L'objectif de cette chronique est de faire ni passéisme ni folklore, mais de parler dans la langue locale -le provençal- de tous les sujets. Le provençal, seule langue régionale à avoir obtenu, sous sa forme littéraire, un prix Nobel, a aussi des particularités dialectales. C’est pour cette raison que les textes sont écrits tantôt en langue littéraire, tantôt dans le provençal parlé dans la région de Marseille et des Pennes-Mirabeau.

L'Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo
Renseignements : 04 91 09 08 74

  

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